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18/02/2025
18/02/2025
15/02/2025
Le 24 janvier 2020, Emmanuel Macron avait déclaré que : « Les sujets mémoriels sont au cœur de la vie des nations (…). La guerre d’Algérie, c’est ce qui fait la Ve République (…). C’est donc quelque chose qui pèse dans la vie institutionnelle, politique, militaire française. » Avant lui, aucun autre chef d’Etat n’avait accordé autant d’importance aux « mémoires blessées de la guerre d’Algérie » : dix-neuf actes mémoriels dont sept déclarations formelles.
Ces nombreuses interventions accentuent le silence du président de la République sur les quelque 3 000 victimes de l’OAS survenues en 1961-1962, en Algérie (2 551) et en France (71). Ce silence interroge car, parmi les personnes tombées sous les coups de l’organisation terroriste, figurent 77 militaires et gendarmes dont 15 officiers comme le général de corps d’armée Philippe Ginestet, ainsi que 20 policiers dont six commissaires, mais aussi des civils, des élus, des magistrats, des fonctionnaires.
Certaines ont même été reconnues « mort pour la France », et les Archives nationales, rendues accessibles depuis l’arrêté du 22 décembre 2021 voulu par Emmanuel Macron, démontrent que les tueurs de l’OAS étaient loin d’appartenir à une « armée de patriotes », mais s’apparentaient clairement à un « gang de malfaiteurs payés ». Le chef de l’Etat doit rendre hommage à toutes les victimes de l’OAS, reconnaître cette page de notre passé « qui pèse dans la vie institutionnelle, politique et militaire française », comme il l’a écrit. Toute nation qui oublie son passé est condamnée à le répéter.
14/02/2025
Mesdames et Messieurs,
Nous sommes ici rassemblés aujourd’hui non pas pour diviser, mais pour dire la vérité. Non pas pour falsifier l’Histoire, mais pour la rétablir. Non pas pour effacer des mémoires, mais pour refuser qu’une mémoire amputée, partiale et orientée nous soit imposée au détriment des victimes innocentes de la barbarie terroriste du FLN. En ces temps troublés, c’est une œuvre difficile que de devoir s’insurger contre les mensonges et les contre vérités qui nous conduisent souvent sous les anathèmes de la bien pensance.
Car oui, c’est bien de cela dont il s’agit ! En honorant Gisèle Halimi, en lui érigeant une stèle, on célèbre non pas une prétendue figure de justice et d’humanisme, mais une militante engagée du côté des poseurs de bombes, une avocate qui a pris fait et cause pour les bourreaux tout en ignorant leurs victimes. Une femme qui, au nom de sa propre idéologie, a préféré défendre ceux qui ont éventré des femmes et des enfants plutôt que de condamner les atrocités qu’ils commettaient.
Une mémoire à sens unique : l’oubli des victimes du FLN
Où sont les stèles à la mémoire des femmes et des fillettes éventrées à El Halia, ce 20 août 1955, lorsque la horde du FLN s’est abattue sur ce paisible village ?
Où sont les monuments pour rappeler l’effroyable journée du 5 juillet 1962 à Oran, où des milliers d’Européens furent traqués, égorgés, disparus à jamais, sous l’œil complice des autorités françaises qui ordonnèrent aux troupes de rester l’arme au pied ?
Où est la reconnaissance pour ces familles brisées par les bombes du FLN à Alger, qui explosaient dans des cafés, des marchés, des cinémas, là où se trouvaient des mères, des vieillards, des enfants ? On veut créer un musée du terrorisme près du Mont Valérien mais on prend soin d’en exclure tous ces malheureux qui les ont précédés comme victimes d’ignobles actes sanglants de l’arabo-islamisme du FLN.
Nous assistons aujourd’hui à une inversion des valeurs inacceptable, « un mundo al revés» comme dit le chanteur : on glorifie ceux qui ont pris parti pour les assassins, et l’on condamne à l’oubli ceux qui ont souffert sous leur joug. On veut nous imposer une mémoire amputée, une Histoire tronquée où l’on honore ceux qui ont fermé les yeux sur l’horreur, où l’on ignore les cris des innocents assassinés.
Gisèle Halimi : un féminisme sélectif, un humanisme à géométrie variable
Gisèle Halimi fut une femme de combat, nous ne le nions pas. Mais ses combats étaient partiaux. Lorsqu’elle prenait la défense des poseuses de bombes du FLN, où était son indignation pour ces petites filles mutilées sous les gravats des attentats d’Alger ? Où était sa voix pour ces jeunes femmes, violées, battues, massacrées parce qu’elles étaient européennes ? Le Hamas n’a rien inventé.
Pire encore, elle n’a pas hésité à mépriser les harkis, ces hommes et ces femmes qui avaient choisi la France, qui avaient servi notre pays et qui, en retour, furent abandonnés à la haine vengeresse du FLN. "Les femmes harkis, malheureusement, cela existe", disait-elle avec dédain. Mais que voulait-elle dire ? Que ces femmes, ces épouses, ces mères, qui n’avaient commis d’autre crime que d’être fidèles à la France, n’avaient pas le droit d’exister.
Les massacres des harkis en 1962 furent d’une atrocité indicible : pendaisons, énucléations, viols, tortures, brûlures à l’acide… Des milliers d’hommes et de femmes livrés à la barbarie, parce qu’ils avaient cru à la parole de la France et parce que la France leur avait donné sa Parole. Et que fit Gisèle Halimi ? Rien. Aucune dénonciation, aucun cri d’indignation. Car dans son humanisme sélectif, ces victimes ne méritaient pas sa compassion.
Nous refusons ce travestissement de l’Histoire, les limites au soutien à Halimi
Nous refusons que notre mémoire nationale soit prise en otage par ceux qui voudraient nous faire oublier les souffrances des nôtres. Nous refusons qu’un maire, au nom d’un prétendu « progressisme », décide d’honorer une figure aussi controversée, sans un seul mot pour les véritables victimes.
Car si Gisèle Halimi mérite une stèle, alors où sont celles pour les femmes et enfants massacrés du Constantinois ? Où sont celles pour les harkis suppliciés ? Où sont celles pour nos compatriotes disparus le 5 juillet 1962 ? Monsieur le Maire répondait…Rien. Voilà un silence qui en dit long.
Notre présence ici est un acte de mémoire et de résistance. Nous ne laisserons pas l’Histoire être réécrite au gré des agendas idéologiques. Nous demandons que l’on honore toutes les victimes, et non une seule catégorie et en particulier des assassins et leurs soutiens, choisis arbitrairement pour servir une propagande mémorielle que nous ne subissons que trop.
Mesdames et Messieurs, aujourd’hui nous nous dressons contre l’oubli. Aujourd’hui, nous refusons l’injustice. Aujourd’hui, nous affirmons haut et fort que notre mémoire nationale ne sera pas amputée. Dans l’intérêt des générations futures nous nous devons d’être ici présents devant ce monument aux morts pour la France. Ce n’est pas au Panthéon que doit aller le corps de Gisèle Halimi mais au « maqam al-chahid » (monument aux martyrs) du FLN et du Président Tebboune qui nous insulte régulièrement.
Nous sommes outrés et notre seul tort est de le crier. Qui mieux que Bossuet, en une seule phrase, a résumé le comportement hémiplégique des « bien pensants ». Nous la faisons notre à propos du terrorisme : Dieu se rit des hommes qui se plaignent des effets dont ils chérissent les causes. Non Monsieur le Maire les générations futures ne vous remercierons pas. Honte à vous d’avoir cherché à convoquer les jeunes des écoles et des collèges pour leur asséner votre propagnande.
Vive la vérité, vive la justice, que vive la mémoire des Français d’Algérie et de leurs amis qui ont défendu une France combattante contre la dhimmitude !
13/02/2025
20 août 1955 en Algérie, jour où le Djihad est déclaré
Le 20 août 1955 fait partie de ces moments peu étudiés de la guerre d’Algérie. Ce n’est qu’en 1996 que la communication de Charles-Robert Ageron lors d’un colloque organisé par l’Institut d’Histoire du Temps Présent a parlé de cet événement.
En 2011 par Claire Mauss-Copeaux 1 publie un livre sur ce sujet : Guy Pervillé a dit ce qu’il en pensait 2 : « [l’auteur] s’est contentée d’une enquête incomplète et a pris le risque de généraliser imprudemment ses conclusions […], elle s’est contentée de mettre en évidence la grande diversité du nombre de victimes retenues par les différents auteurs qui ont cité les tragiques événements du 20 août 1955, sans étendre ses recherches … », et « elle s’est attachée à démontrer à travers deux exemples (El-Alia et Aïn-Abid) que le caractère particulièrement sanglant de l’insurrection et le nombre alarmant de ses victimes civiles n’étaient pas dus aux ordres donnés par le chef régional du FLN-ALN, Zighoud Youcef, mais à des initiatives locales explicables. Cette démonstration est faussée par le fait que Claire Mauss-Copeaux a supposé, sans preuve, que ces deux massacres de civils européens étaient les seuls, alors qu’en réalité, de tels massacres se sont produits ce jour-là dans de très nombreux lieux touchés par l’insurrection, et tout particulièrement dans la région centrale directement commandée par Zighoud Youcef ».
J’ai publié en 2013 une étude 3 qui permet de mieux connaître ces journées de l’été 1955 grâce aux rapports de gendarmerie, de la police, des journaux de marche des s corps de troupe engagés dans la protection et la répression, de témoignages de Français d’Algérie, de militaires et d’Algériens contemporains et d’une revue de presse.
La « guerre d’Algérie » débute le 1 er novembre 1954 Lors du déclenchement de l’insurrection, le FLN organise le territoire algérien en 6 Zones (qui deviendront des Willayas en 1956). Le nord-constantinois (Zone 2), région délimitée au sud par la ville de Constantine, au nord par la Méditerranée, à l’ouest par la ville de Djidjelli et à l’est par les villes de Bône (Annaba) et Guelma. Philippeville (Skikda) se situe au bord de la mer à distance égale de Djidjelli et de Bône, a une superficie de 17 000 km² soit l’équivalent de 3 départements français.
Zighoud Youcef, chef militaire de cette zone, est un musulman fervent qui est accompagné par un imam qui récite prières et versets du Coran au début de chaque réunion. Les hommes placés sous son commandement sont des Moudjahidines (combattants du Djihâd) et sont récompensés par l’attribution d’un Coran (Mus’hâf).
Le 1 er novembre 1954, le FLN annonce qu’il lance une insurrection pour obtenir l’indépendance du pays. Ce jour-là il y eut en divers points du territoire algérien une soixantaine d’exactions symboliques ou violentes, mais l’annonce n’entraine pas l’adhésion des masses populaires. Dans les régions montagneuses, en Kabylie et dans les Aurès, où vivent des populations berbères, ont lieu les principaux faits d’armes. Dans les Aurès l’armée française met les rebelles en difficultés. L’ouest algérien et la région d’Alger sont calmes. Le nord-constantinois est plus actif, mais Zighoud est isolé, il ne reçoit aucune directive, ne possède que peu d’armes et moins de 200 combattants. Les musulmans des villes restent éloignés de cette « révolution » qui ne les inspirent pas, ceux du bled sont passifs.
Zighoud, décide de frapper un grand coup pour « sauver la révolution ». Il organise une opération pour compromettre la population musulmane, récupérer des armes, des médicaments et du matériel, punir « les traitres » c’est-à-dire les autochtones francophiles, s’attaquer aux «colons» et aux bâtiments officiels. Des émissaires parcourent les mechtas, les douars, pour mobiliser les civils, leur demander de rassembler des armes et d’être prêts pour le Samedi 20 août. Le jour et l’heure ne sont pas choisis par hasard : le 20 août 1955 est le 1 er jour de l’année 1375 de l’Hégire (calendrier musulman) et midi l’heure où l’insurrection permet aux civils musulmans embrigadés d’être exposés à la vue de tous. Le Djihad est annoncé par un muezzin depuis le minaret des mosquée. Ce jour est aussi celui du second anniversaire de la déposition du sultan du Maroc par l’administration française d’où la concomitance d’évènements similaires survenus à Oued Zem.
Que s’est-il passé ce 20 août 1955 ?
Dans chaque localité des groupes d’hommes armés encadrent des civils lancés à l’assaut des Européens. La plupart des attaques sont contenues par les Européens qui
utilisent des armes de chasse, et repoussées par les forces de l’ordre qui viennent à leur secours.
Mais il y a des massacres : à la mine d’El Halia, 37 Français dont 10 enfants (certains de moins de 3 ans) et des femmes sont tués. Ce drame fait la une de la presse mondiale et est exploité par le service d’action psychologique de l’armée française au point qu’il occulte les autres massacres. C’est ainsi qu’à Ain Abid, 9 européens sont massacrés dont un vieillard hémiplégique et un bébé de quelques jours et à Saint-Charles situé à 16 km de Philippeville, il y a 13 morts dont 3 enfants.
Philippeville (70400 habitants) est envahie par des centaines d’insurgés sommairement armés, encadrés par des moudjahidines. Les forces de l’ordre alertées par les services de renseignements les attendent et l’assaut est stoppé en quelques heures. Il y aura parmi les assaillants 134 morts et 700 arrestations. Les rapports officiels indiquent que 14 membres des forces de l’ordre ont été tués et on compte 8 tués et 11 blessés européens sur le territoire de la commune de Philippeville (hors El Halia).
A Constantine, les insurgés tuent le pharmacien Alloua Abbas, neveu de Ferhat Abbas le leader indépendantiste, blessent Chérif Hadj Saïd avocat, élu à l’Assemblée algérienne, jettent un engin explosif dans un bar du quartier juif et accrochent au minaret de la grande mosquée le drapeau du FLN.
Collo (40 km à l’ouest de Philippeville) est occupé pendant une heure par 150 hommes. Ils tuent 4 membres des forces de l’ordre, 6 européens. Certaines localités, telles
Guelma ou Mila, ne se soulèveront que le lendemain.
Au total, 47 centres connaissent des troubles. Le bilan humain s’établit à 119 morts européens, 48 parmi les forces de l’ordre et au moins 42 musulmans francophiles. Chez les assaillants les pertes sont évaluées à plus d’un millier de morts et plusieurs centaines de blessés 4 .
La répression est sévère. A la chasse au « faciès européen » des 20 et 21 août succède une chasse aux insurgés menée par l’armée et, notamment à Philippeville et ses alentours et à Ain Abid, par des groupes de civils européens érigés en justiciers. Des mechtas sont rasées sur ordre de Jacques Soustelle, le gouverneur général. Pour Soustelle, bouleversé par le spectacle des morts et des blessés, il n’y a plus d’alternative : « c’est la guerre, il faut la faire ! ». Les négociations entamées avec les indépendantistes sont interrompues. On mesure dans les rapports de gendarmerie et de l’armée, grâce aux témoignages des uns et des autres, dans les récits de militaires impliqués dans la répression, la réalité de la réponse des forces de l’ordre. En se référant à ces sources on estime que la répression a fait entre trois mille et cinq mille victimes.
Des conséquences décisives :
L’ALN a perdu la bataille et les objectifs que son chef lui avait assignés n’ont pas été atteints. Mais elle a gagné sur le plan psychologique. La presse du monde entier parle de ces journées sanglantes et constate qu’en Algérie « ce ne sont plus des troubles à l’ordre public mais une guerre que la France a désormais sur les bras. »
Conséquence flagrante notée le 6 septembre 1955 dans un rapport du 2 ème bureau :
«l’un des objectifs des dirigeants de l’Armée de Libération est virtuellement atteint : la séparation des Français d’Algérie et de la masse musulmane est pour ainsi dire acquise avec toutes les conséquences politiques, sociales et économiques qu’elle entraîne». Ce sera également l’avis du directeur de la police des renseignements généraux de Constantine dans un rapport daté du 8 septembre 1955.
Les responsables algériens de cette période confirment cette analyse. Mohamed Khedid et Salah Boudjemâ attestent «Pour Zighoud, il fallait éloigner le colonisateur des
populations car sa présence auprès d’elles à travers des réseaux puissants était très gênante pour notre action […] et il réfléchissait à cette question qui le préoccupait particulièrement et qui consistait à faire en sorte que la rupture entre Algériens et Français soit réalisée 5 ».
Mahfoud Bennoune et Salah Boubnider authentifient : « Zighoud décida de passer outre le règlement de l’ALN qui interdisait de s’attaquer à des populations civiles. Il donna l’ordre de s’attaquer à tous les Européens sans exception ». Pour d’autres encore il apparaît «qu’à la répression collective prônée par les autorités françaises à l’égard des populations4 devait correspondre une attitude de punition collective vis-à-vis des populations européennes.»
Les civils français, l’armée et l’ensemble des forces politiques sont tombés dans le piège. Les Européens reprochent aux autorités civiles et militaires de n’être pas intervenu
préventivement et d’avoir laissé des localités comme El Halia sans défense. Une peur difficilement contrôlable les saisit car ils se souviennent des journées de mai 1945 et ils ont assisté aux scènes de guérilla urbaine à Philippeville, Constantine, Guelma et Collo. Pour eux la population musulmane toute entière est assimilée au flot haineux et sanguinaire qui s’est abattu à El Halia, à Saint-Charles et Ain Abid. A la suite de ces événements ont lieu les premiers départs des Français vers la métropole : en novembre 1955, 3 mois plus tard, 10% de la population européenne de Collo a quitté la ville, à Jemmapes une douzaine de familles sont parties.
Pour réussir cet objectif Zighoud a utilisé le ressort religieux : c’est aux cris de « Djihad ! Djihad ! » ou « d’Allahou Akbar ! » que les insurgés ont assailli les quartiers
européens, ce sont les muezzins du haut des minarets qui ont ordonné le début des opérations. Si Abdallah, un de ses lieutenants, reconnaît « Compte-tenu de la piété des populations, il est alors prescrit de mettre l’accent sur le caractère religieux de notre action […] Nous n’étions pas des combattants révolutionnaires mais bien des combattants de la foi 6».
Le 20 août 1956, au Congrès de la Soummam, la vocation islamique de la révolte algérienne 7 est officialisée et réaffirmée lors de la réunion du CNRA le 20 août 1957 au Caire 8
Un tournant dans la guerre d’Algérie :
Ces journées constituent un véritable tournant dans la guerre d’Algérie. La lutte pour l’indépendance cède la place à une guerre de religions caractérisée par la volonté d’éloigner du pays tous ceux qui ne sont pas musulmans. Pour Mohammed Harbi, il y avait chez nombre de responsables du FLN une volonté de « nettoyage ethnique » qui a utilisé la religion pour parvenir à ses fins. Pour conclure, rappelons ces mots d’Ahmed Ben Bella « Je ne pouvais concevoir une Algérie avec un million cinq cent mille Pieds-noirs. 9 ». Tout espoir d’un règlement rapide des hostilités fait place à un conflit qui des poursuivra encore 7 ans.
Le 23 août 1955, le gouvernement français rappelle 2 contingents. Le 28 août les Unités Territoriales sont créées : 200 000 pieds-noirs donnent plusieurs jours par mois à
l’armée pour assurer une défense passive des points sensibles. Le 25 septembre, les Sections Administratives Spéciales (SAS) qui ont pour mission d’établir un contact avec les populations rurales et de renseigner les services de l’armée, sont créées. Le conflit a changé d’âme : les troubles de l’ordre public sont devenus une guerre de religion et un conflit ethnique.
Pourquoi ces journées de l’été 1955 –aussi funestes que celles de Mai 1945 autour de Sétif - sont-elles été ignorées par les historiens? L’explication la plus vraisemblable renvoie à l’emprise de la doxa marxiste sur l’Histoire qui sévit depuis des décennies. Il faut occulter le fait que la lutte pour l’indépendance et la guerre ethnoreligieuse contredisaient le rôle de la lutte des classes, moteur de l’histoire. À la mine d’El Halia et ailleurs ce sont des prolétaires qui ont tué d’autres prolétaires. Un exemple de falsification de l’histoire pour des raisons idéologiques.
Roger Vétillard
1 Claire Mauss-Copeaux, Algérie, 20 août 1955. Insurrection, répression, massacres, Paris, Payot, 2011.
2 http://guy.perville.free.fr/spip/article.php3?id_article=276.
3 Roger Vétillard, 20 août 1955 dans le nord-constantinois, un tournant dans la guerre d’Algérie, Paris,
Riveneuve, 2013.
4 Roger Vétillard, op. cit.
5 http://www.la nouvellerépublique.com/fr/apsfr/actualite/lire/php?ida=18309&idc=56&tPHPSE) –lu en août
2013
6 Historia Magazine n° 216, pp 732/733.
7 Roger Vétillard, La guerre d’Algérie, une guerre sainte ? – éd. Atlantis 2020.
8 Gilbert Meynier, Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée, 91/94, juillet 2000.
9 France Culture, 23 août 1996.
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